Dans les coulisses d’une mammographie
Octobre Rose est un mois particulier pour Affidea Suisse qui entreprend de nombreuses actions d’engagement pour la prévention du cancer du sein. Chaque année, Affidea Suisse réalise environ 35’500 mammographies de dépistage et de diagnostic. Un chiffre important révélant l’importance des personnes qui œuvrent en coulisses pour réaliser ces examens, en prenant en compte le bien-être des patientes avant tout.

Anne-Sophie Zenner (ASZ), Technicienne en radiologie médicale auprès du Centre d’imagerie de la femme Affidea à Sion, et Heidi Grimaldy (HG), Technicienne en radiologie médicale auprès du Centre d’imagerie de la femme Affidea, site Hôpital Daler, à Fribourg, accompagnent leurs patientes au quotidien dans le déroulement de leur examen de mammographie. Comment se passe cet examen ? Une mammographie est-elle douloureuse ? Quel est le rôle d’un.e Technicien.ne en radiologie médicale ? Elles répondent toutes les deux aux nombreuses questions se posant autour de cet examen.
De quelle manière se déroule une mammographie ?
HG : Lors d'une mammographie, la patiente se dévêt de la taille au-dessus. Le ou la Technicien·ne en radiologie (TRM) positionne un sein sur une plaque, parfois légèrement fraîche, et le comprime doucement avec un plateau supérieur. Cette compression, bien que pouvant être inconfortable ou légèrement douloureuse, est essentielle pour obtenir des images de haute qualité tout en réduisant l'exposition aux rayons X. L’examen comprend généralement quatre clichés.
Combien de temps dure une mammographie ?
ASZ : La prise en charge de la patiente est de 10 à 15 minutes au total. Le temps de compression, pour chaque image, ne dure en revanche que quelques secondes.
Selon vous, pourquoi les femmes redoutent-elles encore souvent de réaliser une mammographie ?
HG : Tout d'abord, la peur de la douleur est courante, car cet examen peut être désagréable et inconfortable. Ensuite, il y a des inquiétudes liées à l'exposition aux rayonnements. Bien que la mammographie utilise des rayons X, elle est très sécurisée et les avancées technologiques récentes ont réduit la dose de rayonnements, la rendant comparable à une exposition lors d'un séjour en montagne. Enfin, l'expérience personnelle de chaque femme joue un rôle important. Chacune apporte avec elle son histoire et ses antécédents.
ASZ : Le plupart du temps, elles ont en effet la crainte de ressentir de la douleur au moment de la compression, soit parce qu’elles ont vécu une mauvaise expérience antérieure, soit parce qu’elles ont entendu de leur entourage que cet examen était désagréable ou douloureux.
Quelles sont les questions que les patientes vous posent le plus souvent ?
ASZ : Les questions qui ressortent le plus souvent portent sur la potentielle douleur que l’on peut ressentir, sur le déroulement de l’examen avec les femmes ayant une petite poitrine, et sur la compression du sein en tant que telle.
En tant que TRM, quel est votre rôle et quelles sont les clés pour rassurer vos patientes ?
HG : Notre rôle est crucial pour obtenir des images de haute qualité. Un mauvais positionnement ou un pli peut altérer les informations visibles sur les clichés. Notre responsabilité est de réaliser des images complètes tout en veillant à ce que la patiente vive l'examen le mieux possible. Nous restons attentifs aux ressentis de la patiente tout au long du processus. Personnellement, je considère cet examen comme une collaboration, car la qualité des images et de la prise en charge dépend largement de cette coopération.
ASZ : Notre rôle est de rassurer les patientes, ainsi que de répondre à toutes leurs questions dans la bienveillance et le respect. Les clés pour les rassurer sont la patience, l’écoute et de prendre le temps nécessaire dont chacune a besoin.
Quelles sont les dernières avancées technologiques ou techniques permettant de réaliser des examens de plus en plus précis ?
HG : Les avancées technologiques récentes ont grandement amélioré la précision des mammographies et ont rendu l'examen moins pénible qu'il y a 20 ans. Parmi les innovations notables se trouvent la tomosynthèse, ou mammographie en 3D, permettant de prendre des images du sein sous plusieurs angles et ainsi de séparer les différentes profondeurs du sein, ce qui facilite la détection des anomalies, surtout dans les seins denses. Puis, les capteurs numériques plus sensibles améliorent la qualité des images tout en réduisant la dose de rayonnements. Enfin, l'intégration croissante des algorithmes d'intelligence artificielle aide les radiologues à interpréter les images avec davantage de précision.
La mammographie est-elle facile à réaliser peu importe la taille de la poitrine de la patiente ?
HG : La mammographie n’est généralement pas « facile » et requiert une grande précision technique. L'objectif est de visualiser la glande mammaire, qui peut varier en forme et en taille, souvent comparée à une grappe de raisin. Chaque « pépin » de cette grappe doit être clairement visible, ce qui nécessite une compression pour bien disperser le tissu. Cependant, la glande peut parfois être située près des côtes ou sur les bords, ce qui nécessite une approche délicate pour obtenir une image complète. Quant à la taille de la poitrine, ce n'est pas toujours le défi principal. Parfois, une poitrine plus petite peut être plus facile à positionner qu'une plus grande.
Une patiente possédant des implants mammaires peut-elle réaliser une mammographie ? Y-a-t-il des spécificités pour les porteuses de prothèses ?
ASZ : Oui, toutes les patientes ayant des prothèses peuvent réaliser une mammographie. Nous sommes encore plus délicates avec ces patientes. Nous utilisons une technique différente pour effectuer la mammographie des femmes possédant des prothèses, afin de ne pas les abîmer.
