MOVEMBER- Cancer de la prostate : le dépistage entre dans une nouvelle ère


11/11/2025

En ce mois de Movember dédié à la santé masculine, Affidea Suisse rappelle que le cancer de la prostate, le plus fréquent chez l’homme en Suisse, n’est plus une fatalité. Grâce à l’imagerie moderne, aux thérapies ciblées et à une approche personnalisée, la priorité n’est plus de dépister plus, mais de dépister mieux. Nicolas Platon, radiologue chez Affidea Suisse, fait le point sur les dernières avancées et sur l’importance d’une information de qualité.

 

 

En Suisse, le cancer de la prostate demeure le plus fréquent chez l’homme, avec en moyenne 7’827 nouveaux cas et 1’356 décès chaque année. Si ces chiffres restent élevés, ils traduisent avant tout une réalité encourageante : nous vivons plus longtemps, nous dépistons mieux et nous traitons plus efficacement.

 

Une nouvelle manière de dépister

Pendant des années, le dosage sanguin de l’antigène spécifique de la prostate (PSA) a été présenté comme le test de référence pour le dépistage du cancer de la prostate. Trop sensible et pas assez spécifique, il a conduit à de nombreux faux positifs et à des biopsies parfois inutiles. Désormais, la pratique a évolué : l’IRM de la prostate est proposée avant toute biopsie. Cette approche permet de détecter davantage de cancers réellement significatifs tout en évitant des gestes invasifs inutiles.

« Notre ambition n’est pas de dépister plus, mais de dépister mieux. Un taux PSA élevé n’est plus une condamnation, mais un signal d’alerte à interpréter avec discernement, en s’appuyant sur l’IRM et une discussion éclairée entre le patient et son médecin », explique Nicolas Platon, radiologue chez Affidea Suisse.

Concrètement, l’association du PSA et de l’IRM a transformé la manière de dépister. Lorsque l’IRM est rassurante, il n’est souvent pas nécessaire d’aller plus loin. En revanche, si elle met en évidence une lésion suspecte, la biopsie est alors ciblée et réalisée avec une précision inédite. La technique de biopsie transpérinéale, qui remplace désormais la voie rectale, réduit considérablement le risque d’infection et améliore la qualité des prélèvements.

 

Des avancées technologiques majeures

Les progrès de l’imagerie ont bouleversé la prise en charge du cancer de la prostate. Le PSMA-PET/CT, une technologie de nouvelle génération, permet de visualiser les plus petites cellules cancéreuses et de détecter des métastases invisibles auparavant. Cette précision accrue change la stratégie thérapeutique et améliore les chances de succès.

Côté traitements, deux innovations majeures marquent un tournant. Le radioligand PSMA (Pluvicto®), autorisé en Suisse depuis 2023, cible directement les cellules cancéreuses et les détruit de l’intérieur, limitant les effets secondaires sur les tissus sains. Parallèlement, les thérapies de précision ouvrent une nouvelle voie : grâce à la combinaison Akeega® (niraparib + abiratérone), les cancers porteurs d’une mutation génétique BRCA1 ou BRCA2 peuvent être traités de manière personnalisée, selon le profil moléculaire de chaque tumeur.

 

Movember : un mois pour s’informer et agir

Le mois de novembre, symbolisé par la moustache, est plus qu’un simple mouvement de sensibilisation : c’est une invitation à parler de santé masculine sans tabou. Pour les hommes de plus de 50 ans, ou dès 45 ans en cas d’antécédents familiaux ou de facteurs de risque, il s’agit d’aborder la question du dépistage avec son médecin et de prendre des décisions éclairées.

La prévention passe aussi par des gestes simples : maintenir un poids sain, pratiquer une activité physique régulière, éviter le tabac et consommer l’alcool avec modération. Comme le rappelle Nicolas Platon : « Ce qui protège votre cœur protège aussi votre prostate. »

 

Des chiffres qui parlent

En Suisse, le cancer de la prostate touche chaque année près de 8 000 hommes. L’âge médian au moment du diagnostic est de 70 ans, et celui du décès de 83 ans. Avant 70 ans, le risque d’être diagnostiqué est de 7,5 %. Ces données rappellent l’importance d’une information claire et d’une médecine de précision, adaptée à chaque patient.

« Movember n’est pas qu’un mois de moustaches. C’est un moment pour attirer l’attention sur la santé masculine et replacer la prévention au cœur des discussions. Aujourd’hui, le PSA ne décide plus de votre destin : l’IRM affine, la biologie oriente, et les traitements s’ajustent à votre profil. C’est tout le sens d’un dépistage moderne », conclut Nicolas Platon.