Affidea Sport Academy - Retour sur la saison 24/25 de Juliette Fournier, skieuse alpine


17/06/2025

Dans cette interview, Juliette Fournier, l’une des lauréates de Affidea Sport Academy, revient sur sa saison marquée par une blessure au genou, son entraînement entre saisons et son intégration dans les cadres C de Swiss Ski.

 

Saison écoulée

Comment décrirais-tu ta saison qui vient de se terminer ?

J’ai vécu des hauts avec de belles performances et plein de premières fois telles qu’une participation au Festival Olympique de la Jeunesse Européenne, un premier départ en Coupe d’Europe, un premier podium FIS, une première victoire FIS et un premier top 10 aux championnats suisses élites. Mais j’ai également eu des bas avec notamment une blessure en début de saison. Dans l’ensemble, je suis très satisfaite de ma saison qui s’est terminée par ma sélection au sein des cadres de Swiss Ski.

 

Quels ont été les moments forts de ta saison ?

L’un des moments les plus forts de ma saison a été ma participation au Festival Olympique de la Jeunesse Européenne, en Géorgie. J’ai pu me comparer aux meilleures filles de mon âge, venant de toute l’Europe. Même si je n’ai pas réussi à montrer la performance que je souhaitais et que j’ai manqué de peu le podium, ce fût une expérience riche et inoubliable. J’ai également adoré participer aux championnats suisses élites de slalom et de géant, où j’ai skié contre les meilleures skieuses du pays. Bien que je n’attendais aucun résultat particulier contre des filles de Coupe d’Europe et de Coupe du Monde, j’ai réussi à décrocher la dixième place en géant et la quatorzième place en slalom; ce qui m’a vraiment fait plaisir.

 

As-tu rencontré des défis particuliers cette saison ? Si oui, comment les as-tu surmontés ?

Début décembre, lors de ma première participation en Coupe d’Europe, je me suis blessée au genou. Heureusement, ce n’était pas trop grave et j’ai pu recommencer à skier après sept longues semaines d’interruption. J’ai fait beaucoup de physiothérapie et de rééducation qui m’ont permis de reprendre les courses à la fin du mois de janvier.

 

Quel a été ton meilleur résultat cette saison et pourquoi est-il spécial pour toi ?

Mon meilleur résultat de la saison a été ma première victoire FIS à Meiringen. J’ai toujours apprécié cette piste et c’était l’une de mes premières grandes performances suite à ma blessure. Cependant, ce sont les points FIS que j’ai obtenus lors de cette journée-là qui m’ont le plus fait plaisir. J’ai marqué pour la première fois le nombre de 23 points, minimum absolu possible dans ce genre de courses et qui est très difficile à réaliser. L’objectif est en effet de baisser ses points et non de les augmenter.

 

Y a-t-il des courses ou des compétitions qui t'ont particulièrement marquée ?

La dernière course que j’ai réalisée à Avoriaz en France m’a beaucoup surprise. C’était la seule course en discipline de vitesse de ma saison, car j’avais manqué les autres en raison de ma blessure et, en temps normal, je me concentre plutôt sur les disciplines techniques. Je n’avais donc pas skié en vitesse depuis le mois d’octobre passé, à l’entraînement, et j’ai réussi à me classer 3e au classement U18. 

 

Entraînement et préparation

Comment t'es-tu préparée pour cette saison ? Y a-t-il des aspects de ton entraînement que tu as modifiés ?

Nous avons organisé de gros blocs d’entraînement sur les skis pendant l’été et, bien sûr, des camps de préparation physique.

 

Peux-tu nous parler de ton programme d'entraînement typique ?

Lorsque je ne suis pas sur les skis, c’est-à-dire au printemps, en été et en automne, je m'entraîne entre cinq et sept fois par semaine. Les séances varient en fonction de la période de l’année : certaines phases sont axées sur le travail de la force, d’autres sur l’intensité. Voici un exemple de semaine type au mois de juin :

  1. Lundi matin : entraînement d’explosivité pour les jambes, suivi d’une séance de gainage après les cours

  2. Mardi matin : sortie en endurance fondamentale

  3. Mercredi après-midi : séance de musculation axée sur la force des jambes

  4. Jeudi soir : renforcement du haut du corps

  5. Vendredi après-midi : nouvelle séance de force (jambes)

  6. Samedi : combinaison d’endurance fondamentale et de gainage

  7. Dimanche : repos

 

En période de ski, les journées commencent tôt. On monte sur les pistes pour un échauffement, d’abord sans les skis, puis avec. Ensuite, on fait une reconnaissance du tracé avant d’entamer un bloc d’entraînement sur neige d’environ trois heures.

 

Quels sont les aspects de ton entraînement que tu trouves les plus bénéfiques pour tes performances ?

Je pense que les entraînements de ski en été et en automne sont les plus importants, en dehors de la préparation physique. Ils permettent de remettre les bases techniques en place pour pouvoir mieux ajouter l’intensité par la suite. Même si ces entraînements ne sont pas les plus amusants, ils sont indispensables pour le reste de la saison.

 

Comment gères-tu la pression avant une compétition importante ?

Je me rends souvent en avance au départ d’une course et je prends un moment pour me mettre dans ma bulle, visualiser le parcours dans ma tête, me concentrer sur mes lignes et ce que je dois faire techniquement dans le parcours. Cela m’aide aussi à ne pas penser au reste. J’écoute de la musique au départ lors de mon échauffement pour m’isoler et me donner un rythme. Ensuite, si j’ai des doutes sur un aspect du parcours, je demande des conseils à mes entraîneurs.

 

Intégration dans les cadres C de Swiss Ski

Comment as-tu réagi en apprenant que tu étais prise dans les cadres C de Swiss Ski ?

J’étais extrêmement contente et aussi soulagée, car en raison de ma blessure, ma sélection s’est faite par les points plutôt que par le classement à la Swiss Cup, car j’ai manqué trop de courses de ce calendrier. Ceci rend la sélection plus difficile encore.

 

Qu'est-ce que cela signifie pour toi de faire partie des cadres C de Swiss Ski ?

C’est clairement une étape supplémentaire dans le cheminement vers l’accomplissement de mon rêve.

 

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison maintenant que tu fais partie des cadres C ?

Mes objectifs ne sont pas liés à ce statut car il s’agit là d’une forme de validation du niveau atteint. Mes objectifs seront encore et toujours de continuer à abaisser mes points FIS, de faire de nouveaux podiums en FIS et également d’intégrer au mieux le circuit de la Coupe d’Europe.

 

Comment penses-tu que cette opportunité va influencer ta carrière de skieuse ?

Cela me rapproche un peu plus du haut niveau, de la Coupe d’Europe, et à long terme de la Coupe du Monde. Cela fait partie du cheminement espéré.

 

Avenir et objectifs

Quels sont tes objectifs à court et à long terme dans le ski ?

Mes objectifs à court et moyen terme sont de continuer à m’améliorer et d’intégrer pleinement le circuit de la Coupe d’Europe.Mes objectifs à long terme sont d’atteindre la Coupe du Monde et, pourquoi pas, de gagner un jour un globe de cristal.

 

Vas-tu mettre en place de nouvelles routines comme par exemple un nouveau type d’entraînement, un coaching particulier avec un coach nutritif ou mental, voire encore un nouveau matériel ?

Dès cette année, beaucoup de nouvelles choses seront mises en place. Je vais évoluer dans un tout nouveau système. J’aurai de nouveaux entraîneurs donc de nouveaux types d’entraînements, un service-man, une physiothérapeute, de nouveaux équipements et installations, etc. En fonction de mes besoins et de mes nouvelles découvertes, certains éléments seront probablement mis en place.

 

Y a-t-il des compétitions ou des événements spécifiques que tu vises pour la prochaine saison ? Comment te sens-tu par rapport aux JO de l’année prochaine par exemple ?

Il n’y a pas vraiment de compétitions que je vise pour l’année prochaine, car le planning des courses n’est pas encore sorti et je ne sais pas encore à quelles courses je vais participer. Mais je me réjouis des championnats suisses et des championnats suisses élites. 

 

Comment vois-tu ta progression dans les années à venir ?

J’espère continuer mon ascension au sein des cadres de Swiss Ski, du cadre C au cadre B et, à plus long terme au sein du cadre A pour faire partie de l’élite mondiale. Je me réjouis aussi de progresser encore sur le plan physique et technique.

 

As-tu des modèles ou des inspirations dans le monde du ski ?

J’admire beaucoup la technique et la force de travail de Mikaela Shiffrin, l’engagement de Marco Odermatt, mais aussi la personnalité, l’ambition et l’humilité de la jeune Zrinka Ljutic. J’essaie d’apprendre et de m’inspirer de chacun d’entre eux.